Voilà, voilà ce Cœur brûlant de tant de flammes
Qui s'épuise pour vous et qui n'est pas aimé;
Il vient, par ses bienfaits, triompher de vos âmes,
Répondez à l'ardeur dont il est consumé.
Gloire, amour au Cœur adorable
D'où jaillit un Sang rédempteur,
De ce monde coupable
Il est triomphateur!
Je viens vous révéler mon amour sans mesure,
Vous répéter sans fin: mon cœur a soif encor,
Il a soif d'épancher le Sang de sa blessure,
Ah! venez recueillir ce suprême trésor.
Venez, je vous promets les dons de ma tendresse
Et pour vous recevoir, j'élargirai mon cœur,
Je vous consolerai dans les jours de tristesse
Et je rendrai plus doux votre accablant labeur.
Triomphe, ô Cœur divin, de notre ingratitude,
Nous avons entendu ton amoureux appel;
Tu sera désormais notre béatitude,
Tu nous verras sans cesse entourer ton autel.
Tu nous apparaîtras dans cette douce image
Faisant couler sur nous ton dernier flot de Sang,
Et nos cœurs, à leur tour, se livrant sans partage
Ne se soustrairont plus à ton désir pressant.
Souvent, dans le passé, nos âmes infidèles
Ont fui bien loin de toi, Cœur à jamais béni,
Mais tu nous as montré dans des clartés nouvelles
Les ravissants secrets d'un amour infini.
Alors nous avons dit au monde qui t'ignore
Il est un Cœur plus grand que nous devons aimer;
Tout le ciel le bénit et la terre l'adore,
C'est pour lui que nos cœurs veulent se consumer.
Oui, sois notre seul bien dans l'exil de la vie,
Cœur sacré de Jésus, source du Sang divin;
Et quand tu viens en nous palpitant dans l'hostie,
Daigne nous embraser d'un feu de Séraphin.
(Août 1876)