Titre :
Bénitier du Choeur
Ce beau bénitier en bois sculpté et fini imitation de marbre, se trouve à l'entrée du choeur des Adoratrices du Précieux Sang de St-Hyacinthe. Il a été décoré par une de nos artistes: S. St-Fr. Xavier*, entre 1877 et 1888.
Mais comment a-t-elle réussi à bien imiter le marbre? Voici les notes que nous avons conservées sur ce sujet.
«Pour obtenir un résultat parfait, il importe que le bois soit bien préparé, et que chaque couche de peinture soit sablée. La dernière couche se donne à l’huile et à la térébenthine, et de la couleur qui domine dans le marbre ou qui paraît être en dessous des autres. On marbre ensuite ce fond avec une éponge très fine, ou une plume ou un pinceau, selon l’espèce de marbre ou de figures.
Pour les nuances, il faut consulter soit un morceau de marbre naturel ou une bonne imitation en ce genre. … Les endroits où il entre beaucoup d’une même nuance, se peignent avec le pinceau; on peut s’en servir aussi pour les glacis; mais en général, on se sert de plumes d’ailes de colombes pour les veines, les légers glacis, pour atténuer les tons trop criards, etc.
La peinture des divers tons se délaie très épaisse, ou plutôt on la prend telle qu’elle sort du tube, et on l’éclaircit sur la sur la palette avec de la térébenthine. Pour l’appliquer, elle doit être ni trop épaisse ni trop claire. Si elle est trop épaisse, elle fait perdre à l’imitation sa transparence, surtout si on y mêle du blanc; si elle est trop claire, elle fait des ronds et s’étend d’une manière désagréable. Les glacis doivent, en général, être donnés avec une couleur pure, c’est-à-dire sans mélange de blanc.
La grande difficulté de cette imitation est dans la manière de veiner le marbre. Il faut manier la plume de l’oiseau avec beaucoup de sureté, de délicatesse, et prendre les veines de manière à ce que le point de départ paraisse caché sous les figures du marbre; il importe de les perdre de la même manière. En général, ces veines doivent être très fines.
Il n’est guère possible de réussir en ce genre sans se reprendre à travailler six ou sept fois le même morceau, en observant de ne donner aucun coup de pinceau qui enlève la transparence. Il faut sabler chaque fois (papier No. 0), et vernir -- moitié verni et moitié térébenthine – chaque fois que l’on reprend son ouvrage, afin de toujours travailler sur une surface collante.
Quand tout est fini, on vernit avec la meilleure qualité de ‘Hard body Varnish’. Ce vernis doit être très pâle, afin de ne pas foncer les nuances. Il faut avoir soin de demander chez les fournisseurs d’artistes du ‘vernis pour imitation de marbre’.» cf. ‘Règles particulières des Sœurs du Précieux Sang, de 1894’.
*«Soeur Saint-François-Xavier, dans le monde Sophronie Boucher, naquit à Trois-Pistoles, le 1er décembre 1844. Elle eut pour père, Monsieur Étienne Boucher, notaire, et pour mère, Marie, Sophronie Kirouak, de Montmagny. Monsieur Boucher ne dut pas demeurer longtemps à Trois-Pistoles, car c’est de St. François du Lac que notre chère Soeur garda le meilleur souvenir, comme c’est de là qu’elle partit pour entrer au Monastère du Précieux-Sang en 1869. Elle y fit sa profession le 11 juillet 1871. Plus tard, elle fit partie du conseil formé par Mgr L.-Z. Moreau le 27 novembre 1882, date de la déposition de notre Fondatrice. Mais en 1887, Mère Catherine Aurélie fut élue de nouveau Supérieure du Monastère de St-Hyacinthe, à la joie de toutes.
Plus tard, Sœur François Xavier, se rendit à Toronto pour faire la traduction en anglais du Manuel du Précieux Sang. Elle traduisit aussi le Cérémonial et le Bréviaire pour nos Soeurs de langue anglaise. Puis, de 1894 à 1898, elle s'intéressa activement avec Laure Conan, à la revue: ‘Voix du Précieux Sang’. À la fin de ces quatre années, il y avait déjà au moins 10,000 abonnés à cette revue.
De plus, notre chère Soeur a travaillé avec bonheur à la rédaction du Livre d'Or de l'Institut, qui parut le 14 septembre 1911. Elle y a mis tout l’amour de son cœur et son beau talent d’artiste; un Livre Souvenir, tout à la Gloire du Précieux Sang de Jésus! Sœur St. François Xavier est décédée à l’âge de 77 ans, le 17 mars 1922.
« Retour à la page précédente